SNCF Transilien ligne L : les conducteurs n’acceptent pas la dégradation20/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3016-c.jpg.445x577_q85_box-4%2C0%2C700%2C902_crop_detail.jpg2026-05-20

Dans les entreprises

SNCF Transilien ligne L

les conducteurs n’acceptent pas la dégradation

La ligne L du Transilien, qui relie Paris à Versailles, Saint-Nom- la-Bretèche ou Cergy, est promise à l’ouverture à la concurrence pour la mi-décembre. L’ouverture est toute relative puisqu’une filiale de la SNCF appelée SVCO reprend l’exploitation de la ligne et des travailleurs qui la font fonctionner.

Ce passage en filiale est le premier de la région parisienne mais d’autres filiales ont déjà été créées pour les secteurs des TER autour d’Amiens, de Nantes ou de Nice par exemple. La direction de cette nouvelle filiale est constituée quasi-exclusivement d’anciens cadres de la SNCF, et elle se vante d’organiser celle-ci dans la continuité du fonctionnement de l’ancienne activité « Transilien ». Mais s’il y a une continuité, elle est dans la dégradation que connaissent les conducteurs, contrôleurs, travailleurs du commercial et de la maintenance depuis des années. Les journées s’allongent, l’intensité s’accroît et le pouvoir d’achat diminue. La spécialisation sur certaines lignes pour les conducteurs amplifie la pénibilité, tandis que la polyvalence dans d’autres services ajoute du stress.

La direction de la SNCF et la région île-de-France qui est son client voient dans la filialisation une occasion d’aggraver encore les attaques contre les travailleurs du rail en comptant sur la division en entités différentes pour diminuer leur résistance.

Ainsi, au début du mois, la direction de SVCO a présenté les journées de travail telles qu’elles seront intégrées dans les roulements des conducteurs. Après avoir présenté une augmentation moyenne d’une heure de l’amplitude horaire journalière dont 30 minutes en tête de train, elle a dit avoir fait des efforts pour arriver à une augmentation de 45 minutes par jour de la durée de travail. Elle a aussi concocté des journées encore pires, promettant une prime de 30 euros aux conducteurs qui accepteraient de les faire.

Les conducteurs du secteur n’ont pas laissé ces annonces sans réponse. Après une interpellation de la direction par une vingtaine de conducteurs, une journée de grève a été préparée par des militants syndicaux locaux. Le 12 mai, 120 travailleurs de la ligne L, mais aussi des lignes voisines J et A, étaient en grève et une soixantaine se sont réunis pour apostropher la direction. En guise de comité d’accueil, ils ont été reçus par trois camions de policiers. Ils ont néanmoins pu s’adresser à la direction SVCO pour lui dire son fait. Celle-ci a mis sur le compte de « l’environnement concurrentiel » le manque d’information comme par exemple le fait qu’elle n’ait pas donné les roulements des conducteurs. Alors que ces derniers expliquaient la difficulté à organiser leur vie avec des prises de service à 4 heures du matin ou des fins de service à 1 heure et des changements tous les jours, elle a aussi prétendu se préoccuper de leur bien-être. La direction a aussi laissé échapper qu’elle recherchait le « seuil d’acceptabilité » de la dégradation des journées de travail… Son arrogance a mis les travailleurs en colère et comme l’a dit un militant sous les applaudissements : « Vos journées de toute façon, on les fera pas » !

Une nouvelle assemblée générale a voté une journée de grève pour le 10 juin, jour d’un appel national pour dénoncer la dégradation des conditions de travail dans le ferroviaire. En effet, le contexte général est aux attaques contre tous les travailleurs. Castex, PDG de la SNCF, l’a confirmé avec, entre autres, l’objectif de supprimer cinq jours de repos.

La réaction commune des conducteurs des trois lignes de Saint-Lazare va dans le sens de la réponse nécessaire face à ces attaques.

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