Polytechnyl – St Fons : le patron milliardaire doit payer !05/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3014-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-05

Dans les entreprises

Polytechnyl – S<sup>t</sup> Fons

le patron milliardaire doit payer !

Lundi 27 avril, un an après les 155 suppressions de postes à l’usine chimique de Belle-Étoile à Saint-Fons, près de Lyon, la société Polytechnyl a été mise en liquidation.

Sur les 547 emplois en CDI des usines de Saint-Fons et Valence, le repreneur, Lone Star, n’en garde que 72, uniquement à Saint-Fons. Il récupère les brevets et la recherche mais arrête la production.

Ces licenciements sont le dernier épisode de l’éclatement des usines chimiques du géant français historique Rhône-Poulenc : la branche pharmacie, la plus rentable, en a été séparée, la chimie lourde est devenue Rhodia avant d’être rachetée par le groupe belge Solvay. En 2020, celui-ci a vendu l’ensemble de ses activités de fabrication de polyamides – des matières plastiques utilisées pour l’automobile ou le bâtiment – au géant allemand BASF, sauf les usines Polytechnyl, en France, en Espagne et en Pologne, qui ont été vendues au groupe belge Domo.

Du côté patronal, Solvay a récupéré l’argent de la vente et, depuis 2020 le milliardaire belge De Clerck, patron de Domo, s’est débrouillé pour tirer le maximum de bénéfices sans investir un euro pour entretenir les usines vieillissantes. BASF a également prélevé sa part en vendant au prix fort les matières premières dont Domo avait besoin et qu’il était le seul à fabriquer. Mais, du côté des travailleurs, c’est une catastrophe.

En ayant mis le 31 décembre l’entreprise Polytechnyl en redressement judiciaire, De Clerck a pu s’exonérer du jour au lendemain de toutes ses responsabilités : envolé l’argent qu’il devait encore aux travailleurs licenciés en 2025, envolées les cotisations sociales non payées cet automne, envolés aussi les jours que des travailleurs avaient pu mettre sur des comptes épargne temps pour partir plus tôt en retraite, et finalement envolés les emplois et les salaires de 470 salariés. La justice n’a rien à y redire car la loi est du côté des exploiteurs. Devant le tribunal, les travailleurs ont constaté que les policiers ont encadré le PDG et le directeur général pour les protéger, alors qu’ils sont les agresseurs dans cette affaire.

Des intervenants de la cellule dite de « sécurisation des parcours professionnels », ont été envoyés par France Travail pour expliquer la suite aux futurs licenciés. Ils se sont vantés en disant que, au bout d’un an de suivi, 60 % des travailleurs retrouveraient un emploi ! Comme si c’était une bonne nouvelle. Mais les travailleurs qui cherchent à retrouver un emploi constatent que les salaires proposés sont bien plus bas que ceux qu’ils touchaient.

Alors que l’an dernier une partie des travailleurs menacés s’étaient mobilisés contre les licenciements, cela n’a pas été le cas cette année. Il faut dire que plusieurs dirigeants syndicaux (UNSA, CGC, CFDT) ont fait miroiter une intervention de l’État pour trouver une solution industrielle. Ils ont propagé des illusions sur un repreneur qui viendrait sauver l’industrie dite nationale, ou sur des interventions d’avocats pour protéger les travailleurs. Ils ont même milité contre la grève, allant jusqu’à féliciter les travailleurs de ne pas y avoir recouru comme ils l’avaient fait il y a quelques mois.

Face à la vague de licenciements actuelle, il est clair que les travailleurs n’ont rien à attendre d’un État au service exclusif des bourgeois. Ils ne devront compter que sur la force qu’ils représentent, sur leur organisation et sur leurs liens avec les milliers d’autres travailleurs du couloir de la chimie, pour faire payer De Clerck, mais aussi les actionnaires de Solvay et BASF en prenant sur les fortunes accumulées.

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