Japon : “personne ne doit être envoyé à la guerre”12/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3015-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-12

Dans le monde

Japon

“personne ne doit être envoyé à la guerre”

Près de 50 000 personnes ont manifesté le 3 mai à Tokyo, et des milliers d’autres dans plusieurs villes du pays, contre la guerre et la militarisation du Japon.

Cette mobilisation fait suite à d’autres rassemblements organisés depuis le début de l’année, notamment le 19 mars lors de la visite de Donald Trump et de sa rencontre avec la Première ministre Sanae Takaichi.

Issue de l’aile la plus nationaliste du Parti libéral-démocrate (PLD), formation conservatrice qui dirige le Japon presque sans interruption depuis 1955, Takaichi a accéléré le réarmement du pays dès son arrivée au pouvoir en octobre 2025. Depuis le début de la guerre en Iran, elle s’efforce de ne pas contrarier Trump, alors même que le Japon dépend étroitement du pétrole importé du Moyen-Orient et que la fermeture du détroit d’Ormuz provoquée par l’attaque américaine a de lourdes conséquences pour son économie. Lorsque Trump a cité le Japon parmi les pays qui devraient, selon lui, assurer la liberté de passage dans le détroit d’Ormuz au lieu de « laisser les États-Unis tout faire », Takaichi a répondu que le Japon ne pouvait pas tout faire « dans le cadre de sa législation », faisant allusion à la Constitution japonaise.

C’est la raison pour laquelle des manifestations ont eu lieu le 3 mai, jour qui commémore l’entrée en vigueur de la Constitution en 1947. Rédigée sous l’occupation américaine, elle stipule que le Japon renonce à la guerre et n’entretiendra pas de forces armées offensives. En réalité, elle n’a pas empêché la création d’une véritable armée, les « Forces japonaises d’autodéfense », qui compte environ 250 000 militaires d’active, des dizaines de milliers de réservistes, des sous-marins, des avions de combat et des systèmes antimissiles.

Le Japon possède donc déjà une armée comme les autres, à ceci près qu’elle est entourée de restrictions symboliques et juridiques. En voulant changer la constitution, Takaichi veut franchir une nouvelle étape dans l’officialisation de cette armée nationale et faciliter la participation à des alliances militaires, voire à des conflits armés. Cette politique est accompagnée, voire précédée, d’un réarmement massif et de la hausse continue des budgets militaires.

Aux cris de « Ne touchez pas à la Constitution », « Personne ne doit être envoyé à la guerre » ou encore « De l’argent pour les services publics, pas pour les armes », les manifestants ont exprimé leur refus d’être entraînés dans les guerres actuelles et futures. Dans ce pays qui a subi de terribles destructions et les deux bombes atomiques américaines en 1945, toute une partie de la population refuse de voir une nouvelle génération plongée dans les atrocités de la guerre.

Partager