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- Lutte ouvrière n°3015
- Cliniques Elsan – Perpignan : la grève continue
Dans les entreprises
Cliniques Elsan – Perpignan
la grève continue
Lundi 11 mai, la grève dans les cliniques Saint-Pierre et Médipôle Saint-Roch de Perpignan est entré dans sa troisième semaine. Ces cliniques appartiennent au groupe Elsan, leader en France de l’hospitalisation privée qui gère plus de 200 établissements à travers tout le pays.

Les grévistes réclament toujours que la prime d’intéressement, qui peut atteindre 1 500 euros, soit pérennisée sous la forme d’un 13e mois. Ils veulent également que soit revue la grille des salaires : « Assez des primes précaires, on veut du salaire ! », clament-ils. En plus de participer aux piquets de grève quotidiens, les travailleurs organisent des actions variées en direction des autres salariés du groupe ou de la population en général : rassemblement à plus de 200 devant la préfecture, diffusion de tracts sur des ronds-points, marche en cortège jusqu’à la polyclinique Méditerranée Notre Dame qui appartient elle aussi au groupe Elsan. Lors de la manifestation du 1er Mai, plusieurs dizaines de grévistes des cliniques ont marché en tête du cortège syndical, comme cela n’avait pas été vu depuis longtemps à Perpignan : de quoi donner des idées à tous les autres salariés !
Les directions des deux cliniques se répandent dans la presse locale pour prétendre qu’en dépit des nombreuses réquisitions de personnel soignant, certains patients ne pourraient pas recevoir des soins vitaux. C’est un mensonge, une calomnie, d’autant plus que les réquisitions sont si nombreuses qu’il y a plus de soignants dans les services en temps de grève qu’en temps normal, un comble ! Bien loin de faire reculer les salariés en grève, cela les pousse à compléter leurs revendications, car comme ils disent, la direction semble se souvenir qu’il y a des patients dans les locaux seulement les jours de grève ; le reste du temps, ils sont de simples numéros de carte bancaire. C’est pourquoi la vidéo qui montre une gréviste en colère fait le tour des réseaux sociaux. Elle y dit sa colère de ne toucher que 1 700 euros par mois après dix-sept ans d’ancienneté. Et elle rappelle que pour une chambre facturée 140 euros à un patient, la direction refuse de fournir un deuxième oreiller : les petites économies réalisées au détriment des patients et du personnel font les grands profits des actionnaires !
Le 11 mai à Médipôle, compte tenu de la sourde oreille de la direction, les grévistes exaspérés sont allés manifester à l’entrée de la salle de réunion. Les discussions en assemblée générale portent sur les moyens d’élargir le mouvement en s’adressant aux autres établissements de santé, et de coordonner les actions de ceux déjà mobilisés.