CHU de Rouen : des conditions insupportables15/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3024-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-07-15

Dans les entreprises

CHU de Rouen

des conditions insupportables

Le CHU de Rouen emploie 10 000 personnes en tout, dont plus de 8 000 à Charles-Nicolle, le site principal, avec des services de pointe. Pourtant, à chaque crise, les travailleurs sont contraints de se débrouiller comme ils peuvent.

La majeure partie de l’hôpital n’est pas climatisée et, à la fin juin, quand la température extérieure est restée plusieurs jours à 40 ° C, la tension était particulièrement palpable aux Urgences, mais aussi dans tout l’hôpital. Il fallait faire la course par exemple pour trouver des glaçons ou d’autres solutions pour rafraîchir l’air suffocant dans les chambres. C’est le personnel qui a dû acheter sur Internet des couvertures de survie pour les coller sur les fenêtres car les volets, lorsqu’il y en a, sont des volets métalliques qui accumulent la chaleur.

À ce moment-là, le sous-sol du Samu a été temporairement aménagé en cellule de refroidissement, avec des baignoires prêtées et des sacs mortuaires remplis d’eau avec des glaçons pour y plonger les patients.

Pendant des jours, les soignants sont restés sur le qui-vive en permanence, obligés parfois d’imposer des examens supplémentaires à des patients dont la température atteignait 39 ° C afin de s’assurer qu’ils ne cachaient pas une infection en même temps qu’ils cherchaient comment les rafraîchir.

Les services techniques aussi ont été très sollicités, de nombreuses machines étant tombées en panne, des ascenseurs aux frigos et aux ordinateurs.

Les choses ont ensuite été un peu plus calmes, même si la température est remontée de nouveau.

Mais ce qui révolte les travailleurs de l’hôpital est de devoir bricoler en permanence pour trouver les moyens de protéger les patients fragiles. Le personnel invente, avec les moyens du bord, pour faire face à la situation. Fort de l’expérience du mois de juin, il se prépare à d’autres crises, en sachant ne pouvoir compter que sur lui-même.

La direction, elle, ne prévoit rien, à part multiplier les courriers et les rappels infantilisants expliquant comment bien s’hydrater, comment laver les tee-shirts personnels que les soignants ont été autorisés à porter à la place des blouses chaudes et collantes ou même comment bien transporter les glaçons… au cas où certains auraient l’idée de les mettre dans leurs poches.

L’hôpital est en crise permanente, dire que la situation met en évidence un manque de moyens relève de l’euphémisme. La vérité c’est qu’il faudra se mettre vraiment en colère pour ne pas être condamné à subir l’irresponsabilité des dirigeants et des gouvernements.

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