Leur société
Chlordécone
reconnaissance tardive et incomplète

L’Assemblée nationale a adopté mardi 2 juin une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. La France avait autorisé l’utilisation de ce pesticide alors qu’il était déjà reconnu comme dangereux et interdit aux Etats-Unis. Plus de 90 % de la population de Guadeloupe et de Martinique est contaminée.
Mais les engagements de l’État restent bien flous. Pour l’indemnisation des victimes, il faut attendre le travail d’une mission d’inspection interministérielle. L’État devra œuvrer à la « dépollution des terres et des eaux contaminées », mais avec quel budget ? Ce n’est pas précisé.
Cette reconnaissance est à mettre au crédit des victimes et de leur mobilisation. Mais la lenteur de l’avancée du dossier et le caractère peu contraignant de ce texte montrent que l’État continue à traiter la population des Antilles comme une population de seconde zone, dans la tradition coloniale.