La lutte contre l’extrême droite, un combat social17/02/20262026Article/static/common/img/contenu-min.jpg

La lutte contre l’extrême droite, un combat social

Les événements de Lyon ont mis en lumière les actions de groupes d’extrême droite qui n’hésitent pas à venir perturber des réunions publiques et à agresser physiquement les personnes dont la tête ou les idées ne leur reviennent pas, étrangers supposés ou adversaires politiques.

 

Ces groupes, allant des identitaires aux nostalgiques du fascisme, sont nourris par la diffusion permanente dans les médias d’idées réactionnaires, xénophobes, nationalistes et sécuritaires. Même si le Rassemblement national, dans le cadre de sa dédiabolisation, se démarque ostensiblement de ces groupes peu présentables, ses succès électoraux grandissants et l’alignement de la plupart de ses concurrents sur sa démagogie, les encouragent et favorisent leur recrutement. La campagne médiatique et politique déclenchée après le lynchage du jeune identitaire, qui fait désormais figure de martyr, pourrait renforcer, non seulement les idées de l’extrême droite, mais aussi les agissements de ces nervis violents. 

Cette mouvance représente un danger pour les organisations ou les partis qui contestent peu ou prou l’ordre social, pour ceux qui militent sur le terrain de la défense des droits des migrants, pour la fraction immigrée de la classe ouvrière, pour les militants syndicaux et plus généralement pour les travailleurs qui entrent en lutte, font grève, manifestent ou organisent des piquets de grève. Il serait illusoire et naïf de s’en remettre à la police ou la justice pour s’en prémunir. 

Il est donc bien sûr vital que les manifestations, réunions, conférences et autres actions publiques se protègent contre les menaces physiques de l’extrême droite par des services d’ordre capables de se faire respecter.  Mais combattre l’extrême droite, faire reculer les idées xénophobes et empêcher de nuire les groupes identitaires prêts à attaquer, représente un tout autre enjeu. Cette lutte ne se gagnera pas en répondant sur le même terrain, par des batailles rangées entre gros bras qui ne sont pas les méthodes du mouvement ouvrier. Elle ne peut remporter des succès qu’au travers de la lutte de classe et du combat social. L’extrême droite a été nourrie par les trahisons des partis de gauche qui prétendaient représenter les classes populaires et qui leur ont fait supporter toutes les conséquences de la crise du capitalisme quand ils sont passés au pouvoir. C’est ce qui a entraîné leur discrédit, leur perte d’influence et cela se traduit aujourd’hui, au sein de la classe ouvrière, par l’absence de perspectives, le fatalisme, la résignation et l’absence de luttes collectives. La lutte contre la progression de l’extrême droite ne peut être séparée du combat pour que les travailleurs retrouvent la confiance dans leur force collective et la conscience d’avoir des intérêts communs par delà leur diversité et finalement des perspectives pour changer cette société. C’est une tâche fondamentale pour ceux qui se réclament du communisme et de la révolution. 

Xavier Lachau

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