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Leur société
SNCF : trop chaud pour les trains
Le transport des voyageurs a souffert des mêmes maux que les hôpitaux ou les écoles : impréparation et irresponsabilité des gouvernants. Wagons surchauffés, trains supprimés : bloqués pendant des heures, des centaines de milliers de voyageurs sont devenus des naufragés du rail.
Le responsable SNCF Voyageurs Fanichet a supprimé carrément 10 % de ses trains, soit plus d’un millier, TGV, Intercités ou TER. Et il annonçait fièrement être prêt à « prendre ses responsabilités », c’est-à-dire « à en supprimer d’autres » si nécessaire. Que les voyageurs se débrouillent, voilà le sens de la responsabilité de ces patrons.
De fait, l’infrastructure est soit désuète soit bien souvent inadaptée à de telles chaleurs. Les rails, à 90 % en acier, se dilatent avec la chaleur, qui peut dépasser les 60 °C, et compromettent les circulations. Les caténaires, câbles d’alimentation électrique des rames, se dilatent eux aussi et se détendent, pouvant dès lors être arrachés au passage d’un train.
Là encore Fanichet a la solution : « Si un train se retrouve sans alimentation électrique, en cas de rupture de caténaire par exemple, les passagers doivent être évacués en toute sécurité dans les 30 minutes. » Mais le 22 juin, des voyageurs d’un TGV, bloqué quatre heures en pleine voie près de Dijon, ont vécu un véritable cauchemar. Faute d’alimentation électrique, il n’y avait plus de climatisation et plus de toilettes, et la température est montée à plus de 50 °C. Malgré le dévouement des cheminots à bord et l’entraide, les malaises se sont multipliés parmi les voyageurs. Des secours, dépêchés sur place, ont dû hospitaliser plusieurs d’entre eux. Ce type d’incident s’est multiplié, sur tout type de matériel.
Le quotidien des travailleurs utilisant les rames de banlieue a aussi été un calvaire. Officiellement, 69% des rames RER franciliennes ont une climatisation, souvent une simple « ventilation réfrigérée » qui peut faire baisser la température de quelques degrés, sauf si la rame est bondée. Dans les faits les rames étaient bien souvent surchauffées et les conditions de transport indignes.
Pour faire face, tout manque, et d’abord le matériel roulant adéquat. Sur des lignes TER ou Intercités circulent encore des trains Corail des années 1970 dont la climatisation tombe en panne dès qu’il fait chaud… Mais le nombre de TGV a lui-même diminué de manière drastique passant de 482 à 376 rames entre 2014 et 2023 pour des raisons d’économies. Pour les mêmes raisons, il est impossible de prendre le temps d’effectuer l’entretien indispensable dans les ateliers. Le réseau est aussi vieillissant.
Les cheminots, victimes eux aussi de cette situation, connaissent et dénoncent l’irresponsabilité de la direction et du gouvernement. Ils sauraient mille fois mieux qu’eux planifier et diriger les chemins de fer pour leur permettre de transporter confortablement et en toute sécurité les millions de voyageurs.