RATP : quand les tunnels deviennent des fours01/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3022-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-01

Dans les entreprises

RATP : quand les tunnels deviennent des fours

Dans le métro parisien, des travaux sont effectués tout au long de l’année, surtout durant la nuit. Au cours des deux dernières années, leur nombre s’est accru. Effectivement, le réseau est soumis à un chantier de grande envergure, dont les conséquences se font sentir sur les conditions de travail.

La chaleur intense de la semaine de canicule n’a fait qu’exacerber la situation. La multiplication des fermetures de lignes de métro est due au rattrapage post-Jeux Olympiques des nombreux chantiers initialement prévus en 2024, ainsi qu’à la modernisation du matériel et au renouvellement des infrastructures d’un réseau vieux d’une cinquantaine d’années. Chaque prolongement de ligne, chaque station rénovée ou chaque voie remplacée, implique des milliers de travailleurs. L’été, les tunnels, les locaux techniques et les bases vie, qui bien souvent sont de simples conteneurs en plastique, deviennent de véritables fournaises. Et lorsque la chaleur pénètre dans les tunnels et les stations, elle y reste prisonnière.

La canicule a amplifié encore ce phénomène. La RATP, qui est le donneur d’ordres, n’a fait arrêter aucun chantier et renvoie la responsabilité des conditions de travail vers des entreprises prestataires comme Colas-Rail, Eiffage, Vinci, Siemens, Koné, ou Schindler, auxquelles s’ajoute une myriade d’autres qui sont bien souvent elles-mêmes sous- traitantes des précédentes et invoquent les contraintes des marchés et des plannings. Chacun se renvoie la balle mais, au final, ce sont les ouvriers qui subissent la chaleur, les poussières, le bruit et la pénibilité.

Fin juin, sur un chantier de remplacement d’un vieil escalator, des ouvriers découpaient les anciens câbles dans une machinerie étouffante, sans aucun renouvellement d’air. En hiver, ces locaux sont déjà très chauds. Alors, en pleine canicule, démonter un escalator, découper l’acier ou attaquer le béton au marteau-piqueur devient une véritable épreuve physique. À cela s’ajoute la difficulté de récupérer après une nuit de travail. Dormir la journée, ou même la nuit, dans des appartements surchauffés est bien souvent impossible. Nombre de travailleurs arrivent à leur prise de service déjà épuisés.

La modernisation du réseau est indispensable, mais ceux qui travaillent sous terre savent mieux que quiconque à partir de quel moment les conditions deviennent inacceptables et il devient impossible de travailler.

Partager