Qui aurait pu prédire ?01/07/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/07/P3-3_Macron_tout_%C3%A9tonn%C3%A9_ok_lupo.jpg.420x236_q85_box-39%2C0%2C1015%2C549_crop_detail.jpg2026-07-01

Leur société

Qui aurait pu prédire ?

« On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire », a déclaré Macron le 25 juin.

Illustration - Qui aurait pu prédire ?

Cette sortie en rappelle une autre, celle du 31 décembre 2022, quand le même Macron avait lancé : « Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ? » Macron et Lecornu cherchent désespérément à justifier l’impréparation et l’inaction gouvernementales. Mais qui peut croire encore que le phénomène était imprévisible ?

En effet, comme le rappelle le climatologue Gilles Ramstein, les canicules des jours derniers ne sont que la manifestation de ce que les climatologues ont prévu depuis des décennies, et notamment dès le premier rapport du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, publié en 1990, il y a donc trente-six ans. La moyenne d’émission s’établit aujourd’hui à 4,7 tonnes de CO2 par habitant et par an, selon l’organisation Carbon Global Project, soit exactement le niveau mentionné déjà dans ce rapport de 1990. Les experts avaient aussi prédit les effets du dérèglement, sécheresse, incendies, pluies intenses, et mentionné les impacts sur la santé publique.

Faire face à cette menace du réchauffement climatique connue depuis plus de trente ans aurait nécessité de mettre en œuvre une politique d’investissements massifs et planifiés, à la fois, comme le rappelle Gilles Ramstein, pour atténuer « la menace climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre [et pour s’adapter] aux changements d’ores et déjà engagés et inéluctables ».

Ce gouvernement, qui sait trouver des financements importants pour augmenter le budget de la défense, n’a plus d’argent quand il s’agit de l’intérêt collectif, celui des classes populaires. Une preuve de plus, s’il en fallait, que son but principal, tout comme celui de ses prédécesseurs, n’est pas de faire fonctionner au mieux la société mais de servir les intérêts d’une classe capitaliste totalement irresponsable vis-à-vis de la collectivité humaine.

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