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Oman : au bonheur de CMA CGM, Suez, EDF…
La visite d’État du sultan d’Oman, le 29 juin à Paris, aura été l’occasion pour Suez, EDF et CMA CGM de signer d’énormes contrats avec cette monarchie pétrolière.

Ainsi, EDF a signé un contrat à 2,6 milliards d’euros pour construire une station hydroélectrique de pompage autour d’un barrage érigé par Vinci dans les années 2000. Suez a emporté un contrat de 2 milliards d’euros pour l’alimentation et le traitement d’une partie du réseau d’eau de la capitale, Mascate, et de deux autres villes. Les discussions ont avancé autour de la construction du métro de Mascate et, bien sûr, de la fourniture d’équipements militaires par Thales.
De son côté, l’armateur CMA CGM a conclu un accord avec le groupe omanais Asyad pour développer et équiper un nouveau terminal dans le port de Sohar, le principal du pays. Ce port a une immense qualité : il est situé dans le golfe d’Oman mais à l’extérieur du fameux détroit d’Ormuz, bloqué depuis quatre mois suite à la guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Iran. La construction de ce terminal moderne permettra à CMA CGM de charger et décharger diverses cargaisons en provenance des Émirats arabes unis voisins, de l’Arabie saoudite voire du Qatar, tout en évitant d’emprunter le détroit. Rodolphe Saadé, le patron de CMA CGM, a déclaré que ce nouveau terminal « permettra d’offrir à nos clients des chaînes d’approvisionnement plus performantes et plus résilientes ». Il aurait surtout pu ajouter : « et d’offrir à ma famille et mes actionnaires des dividendes plus gigantesques que jamais ».
Ces énormes contrats signés entre le sultan d’Oman et de grandes entreprises françaises viennent illustrer a posteriori pourquoi Macron a tenu à envoyer le porte-avions Charles-de-Gaulle naviguer au large d’Oman en prétendant jouer un rôle dans la sécurisation du détroit. Pour les mêmes raisons – garantir des contrats sonnants et trébuchants avec les Émirats arabes unis ou le Qatar –, l’aviation française a multiplié, en mars et avril, les sorties à 20 000 euros de l’heure des avions Rafale et lancé des dizaines de missiles à 400 000 euros l’unité, pour défendre ces riches monarchies pétrolières.
Quand il a déclenché sa guerre contre l’Iran, Trump n’a pas daigné avertir Macron car l’impérialisme français ne joue pas dans la même division que l’américain. Mais la région du golfe Persique étant un marché essentiel pour les capitalistes tricolores, les dirigeants français n’avaient d’autre choix que courir derrière les États-Unis pour rester dans la course. De leur côté, les monarques du Golfe, qui ont été entraînés malgré eux dans la guerre israélo-américaine contre l’Iran au prix de dégâts matériels et d’une instabilité nuisible à leurs affaires, cherchent à diversifier leurs alliances, tant économiques que militaires.
Défendre les intérêts des propriétaires de Suez, CMA CGM ou Thales, voilà pourquoi les députés français ont voté quasiment sans débat une rallonge de 36 milliards d’euros pour l’armée alors qu’ils refusent le moindre euro supplémentaire pour l’école ou la santé.