Liban-Israël : dans le cadre de l’accord, la guerre continue01/07/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/07/P8-1_Les_d%C3%A9l%C3%A9gations_isra%C3%A9lienne_et_libanaise_%C3%A0_Washington_le_26_juin_C_Saul_Loeb_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C24%2C800%2C474_crop_detail.jpg2026-07-01

Dans le monde

Liban-Israël : dans le cadre de l’accord, la guerre continue

Réunis à Washington, vendredi 26 juin, des représentants du Liban et d’Israël ont signé, sous l’égide des États-Unis, un accord-cadre censé conduire à l’instauration « d’une paix et une sécurité durables ».

Illustration - dans le cadre de l’accord, la guerre continue

Dès le lendemain, l’armée israélienne a bombardé une zone proche de la ville de Nabatieh, au sud du Liban, montrant que, pour elle, la guerre continue.

Depuis l’ouverture des discussions avec Washington, les dirigeants iraniens ont exigé que le règlement du conflit au Liban soit intégré dans la signature d’un accord de paix. Se pliant à cette condition de Téhéran, Trump a imposé aux gouvernements libanais et israélien d’envoyer des émissaires à Washington, mi-avril, pour engager des négociations directes, les premières depuis quarante ans entre ces deux États toujours officiellement en situation de guerre.

Dans l’accord qui vient d’être signé, le mot « occupation » n’est jamais utilisé, ni celui de « retrait » israélien. Il comporte 14 points, définissant d’une façon très vague, sans aucun calendrier, plusieurs étapes devant conduire à l’évacuation du Sud-Liban par l’armée israélienne, sous la supervision d’un « groupe de coordination militaire », avec la participation des États-Unis. Selon ce texte, l’armée libanaise est censée reprendre le contrôle de deux « zones pilotes », situées l’une au sud et l’autre au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël. Pour cela, elle devra désarmer le Hezbollah, alors que celui-ci refuse de rendre les armes. Et à la fin seulement, l’armée israélienne devrait accepter de se retirer. D’autres « zones pilotes » seraient ensuite désignées par accord mutuel. Autant dire que le sud du Liban n’est pas près d’être libéré de l’occupation israélienne !

Présenté par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, comme « le début du début » de la paix, cet accord rappelle, presque en tous points, celui qui était censé instaurer la paix à Gaza et dont le bilan pour la population palestinienne, huit mois après le début de sa mise en œuvre, se résume à la poursuite de la guerre et de l’occupation israélienne.

Ne cachant rien de ses intentions, le Premier ministre israélien Netanyahou a déclaré : « Israël restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban. […] Nous n’autoriserons ni le Hezbollah ni les civils à y entrer. Cela reste inchangé. » Les yeux fixés sur l’horizon des élections législatives prévues d’ici octobre en Israël, Netanyahou se pose en garant de la sécurité des Israéliens face à la menace représentée par le Hezbollah. Mais c’est l’occupation israélienne du Sud-Liban pendant vingt ans qui a permis au Hezbollah de recruter des troupes parmi tous ceux qui voulaient y mettre fin. En suscitant la révolte et une volonté de venger les victimes des bombardements et des exactions de l’armée israélienne, la politique de Netanyahou ne peut que contribuer à renforcer le Hezbollah.

En spoliant les Palestiniens de leurs biens, en colonisant leurs terres et en niant leurs droits les plus élémentaires en Cisjordanie, en menant un génocide à Gaza, en envahissant le Liban et la Syrie, Netanyahou est le premier responsable de l’insécurité permanente que connaît sa population. Mais les grandes puissances, les États-Unis en premier lieu, qui lui apportent leur soutien sont tout autant responsables.

Pour permettre aux peuples de la région de vivre « dans une paix et une sécurité durables », il n’y a rien à attendre de Trump ni d’aucun dirigeant des puissances impérialistes car ce sont eux qui, depuis des décennies, n’ont cessé de dresser les peuples les uns contre les autres pour pouvoir tous les dominer.

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