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Les auxiliaires de vie en première ligne
Je suis auxiliaire de vie, employée par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville où j’habite. Pendant la canicule, le maire s’est mis en scène dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. On le voit appeler une personne sur un ton rassurant : « Vous avez bien dormi ? », « Je suis au CCAS au côté des professionnels qui appellent toutes les personnes isolées », « On est avec vous »…
La réalité est un peu plus compliquée, parce que bien sûr ces tâches supplémentaires se font sans personnel supplémentaire. Les temps de passage des aides à domicile sont réduits chez les uns, pour ajouter des visites « hydratation » chez d’autres.
C’est ainsi qu’un temps de passage habituel de deux heures peut être réduit à trois quarts d’heure pendant lesquels il faut quand-même faire un minimum d’entretien du logement, des courses s’il le faut et s’assurer que la personne ne manque de rien. Et cela réduit le temps passé auprès d’elle qui, toute la journée enfermée dans le noir et la chaleur, aurait bien besoin d’une présence plus longue.
Les visites « hydratation » supplémentaires consistent à faire boire la personne, s’assurer qu’elle a de l’eau au frais, que le ventilateur est bien branché, que les volets sont bien fermés… dans un temps imparti qui est trop court. Conclusion, mes camarades et moi faisons encore plus de déplacements, courons encore plus que d’habitude et avons des journées à rallonge.
Le nombre des aides à domicile a été divisé par deux ces dernières années, alors que celui de personnes âgées n’a pas diminué. Et ces discours sur la bienveillance sans en donner les moyens, c’est toute l’année que nous devons les supporter de la part d’une hiérarchie qui fait semblant… Cette hypocrisie est permanente !