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Hôpital de la Croix-Rousse – Lyon : incurie organisée
Avec la canicule, les Urgences de l’hôpital de la Croix-Rousse ont été saturées à partir du vendredi 26 juin. Faute de places et de personnel suffisant, les patients se sont accumulés dans les couloirs et le personnel a été débordé.
La déclaration du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, prétendant « nous avons su anticiper », est un grossier mensonge. Le service des urgences, pourtant récemment refait à neuf, ne dispose que d’une fontaine à eau à l’accueil, et d’aucune là où attendent ensuite les malades. Un autre ministre a parlé de lits refroidissants pour les malades en coup de chaud, mais il n’y en a pas : la solution bricolée localement est de mettre les patients dans des housses mortuaires qui ont le mérite d’être imperméables en les remplissant d’eau froide et de glaçons. Encore faut-il avoir une machine à glaçons… qui n’était pas non plus prévue dans le plan de rénovation. Voilà pour l’anticipation.
Certes, l’hôpital ayant été rénové assez récemment, la plupart des chambres des patients sont climatisées. Mais les espaces de travail, comme les salles où les infirmières préparent les médicaments et certains secrétariats, manquent de brumisateurs ou de climatiseurs mobiles. Les travailleurs des services techniques courent partout pour réparer des clims qui parfois soufflent du chaud ! Des travailleurs de la plonge ont fait des malaises à cause de la chaleur aggravée par la vapeur d’eau des lave-vaisselle. Les brancardiers, qui passent toute la journée d’espaces climatisés à des couloirs bouillants, sont éreintés. De nombreux soignants travaillent sur un rythme de douze heures, en alternance jour/nuit, et n’arrivent pas à récupérer après leur nuit dans un appartement trop chaud.
Ces journées de crise montrent une fois de plus combien il manque de bras partout à l’hôpital. Mais cette pénurie n’est pas accidentelle, elle est organisée. Au moment même où les périodes de canicule se succèdent, plus de 100 postes sont en voie de suppression sur l’hôpital, qui en compte environ 4 000. Dans certains services comme la cardiologie, l’activité est augmentée, avec plus de patients par jour en ambulatoire, sans effectifs supplémentaires.
Cette attaque, inédite par son ampleur, fait suite au plan Bayrou concocté à l’été 2025 pour réaliser quelque cinq milliards d’euros d’économies dans la santé. Mis en œuvre sous l’égide de l’Agence nationale de santé et calculé pour tomber au début de la période où beaucoup partent en vacances, ce plan de suppressions d’emplois s’est percuté avec la canicule. Il confirme que l’intérêt des malades et des travailleurs de l’hôpital ne compte pour rien aux yeux des ministres et des hauts cadres de l’État.