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Leur société
Dette publique : ceux qui se sont enrichis
La dette publique revient dans l’actualité avec le dernier rapport de la Cour des comptes qui l’estime à 3 500 milliards d’euros.

Ce montant exorbitant est le produit de décennies de cadeaux fous aux capitalistes. Le rapport va ouvrir la porte à de nouvelles propositions d’économies à réaliser immédiatement aux dépens de la population, alors qu’elle n’est pour rien dans cette explosion de la dette. Celle-ci s’est emballée après la crise de 2008 quand l’État a volé au secours des banquiers et des industriels, effrayés par les conséquences de leur propre spéculation, et leur a offert 600 milliards d’euros. Lors de la crise du Covid-19 comme lors de celle de l’énergie suite à la guerre en Ukraine, le gouvernement a littéralement arrosé les entreprises à hauteur de 1 000 milliards d’euros supplémentaires. Macron parlait alors de « quoi qu’il en coûte », omettant juste de dire quoi qu’il en coûte… à la population ! Sans même parler des 270 milliards d’euros d’aides publiques que l’État verse chaque année au grand patronat.
L’augmentation de la dette se traduit par celle des intérêts que l’État doit payer aux banques, aux financiers et autres spéculateurs. Ces sommes se monteront à 77 milliards en 2026, soit 12 milliards de plus qu’en 2025. Elles sont devenues le premier poste du budget, loin devant celui de l’Éducation nationale (64,5 milliards d’euros). Et plus la dette s’accroît, plus les financiers peuvent augmenter les taux d’intérêts auxquels ils prêtent à l’État français. Les capitalistes profitent donc deux fois de la dette : une première fois sous forme de cadeau et une seconde comme usuriers !
Pour le patronat, il est hors de question que les subventions, les exonérations ou les cadeaux qu’il perçoit diminuent pour faire face à cette situation explosive. Non, c’est aux pauvres de payer pour une dette dont ils n’ont pas vu la couleur. Selon la Cour des comptes, il serait donc urgent d’intensifier « l’effort budgétaire jusqu’en 2029 » à coups de nouvelles réformes contre les retraites ou contre l’assurance-chômage, par exemple.
Quoi que racontent les politiciens en campagne, les 3 500 milliards de la dette, bien réels, pèseront plus lourd que les promesses électorales.