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CSE d’Aéroports de Paris : la mobilisation continue
Depuis le 9 juin, les travailleurs du comité social et économique (CSE) d’Aéroport de Paris (ADP) ont multiplié les débrayages à l’heure du déjeuner contre la ridicule augmentation de salaire proposée par leur direction.
À cinq reprises, des restaurants et des cafétérias ont fermé ou ont fonctionné en mode dégradé : la mobilisation, très majoritaire, a ainsi été largement visible pour des travailleurs qui mangent là, dont ceux d’ADP.
Les salariés du CSE sont 170, répartis entre une centaine en restauration et 70 pour les services sportifs et culturels et dans l’encadrement. Depuis le 12 juin, la direction du CSE refuse d’aller au-delà d’une augmentation salariale de 55,35 euros brut par mois, ce qui révolte tout le monde. De plus, elle veut revenir sur sa promesse d’une prime de 150 euros. À cela s’ajoute le fait qu’il n’y a rien de prévu face aux effectifs insuffisants et au matériel souvent défectueux.
Une partie des grévistes s’est réunie à plusieurs reprises. Le 25 juin, ils ont distribué devant un restaurant un tract expliquant les raisons de leur mouvement aux salariés venant manger. Beaucoup leur donnent raison et pensent que les grilles salariales devraient être les mêmes que l’on soit salarié d’ADP ou du CSE. Et c’est précisément une revendication centrale des grévistes.
Cette année, les dividendes versés aux actionnaires d’ADP ont augmenté de 80 millions d’euros, soit plus de six fois le budget du CSE. Mais la direction d’ADP préfère limiter celui-ci bien en-deçà du nécessaire. Quant aux responsables du CSE, qui sont des syndicalistes de la CGT d’ADP, ils répercutent les ordres de cette direction. Ils ont ainsi fait afficher une note expliquant, entre autres, que les revendications des grévistes mettent en péril l’équilibre financier du CSE. Il suffirait pourtant que la direction d’ADP augmente son budget.
Ces responsables ont également licencié un comptable qui travaillait là depuis 25 ans. Enfin, trois cadres du CSE, dont son secrétaire qui est permanent CGT, ont carrément remplacé des grévistes lors d’un débrayage pour servir des repas. Ils ont laissé la vaisselle sale pour les travailleurs du CSE le lendemain, et le responsable hygiène présent parmi eux n’avait pas de charlotte sur la tête et laissait les placards réfrigérés ouverts. Malgré le travail supplémentaire ainsi demandé, le fait qu’ils n’aient même pas su tenir le restaurant a fait sourire les grévistes. Sur le fond, ceux-ci savent que c’est ADP qui tire les ficelles. L’argent octroyé aux actionnaires devrait leur revenir.