Algérie : mascarade électorale01/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3022-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-01

Dans le monde

Algérie : mascarade électorale

En Algérie, la campagne pour les élections législatives qui ont eu lieu le 2 juillet a été marquée par un climat d’indifférence et d’écœurement face aux manœuvres du régime.

En effet, avant même que les électeurs se prononcent, le pouvoir avait décidé quel candidat méritait de se présenter et comment il devait faire campagne. Dans l’arbitraire le plus total, des listes ont été invalidées et plus de 3 000 candidats sur 10 000 ont été écartés, accusés sans aucune preuve d’« atteinte aux bonnes mœurs », d’« activités suspectes » ou d’être « en lien avec les milieux d’argent » !

Si les partis qui ont fait allégeance au président Abdelmadjid Tebboune, comme le FLN, le RND ou El Bina, ont été concernés, ce sont surtout les partis dits d’opposition tels que le RCD, le MSP, le FFS, ou le Parti des Travailleurs, qui ont été particulièrement affectés. Mais ces derniers, après avoir dénoncé des accusations infamantes et tenté des recours contre l’invalidation de leurs listes, se sont pour la plupart rapidement inclinés devant le régime. En effet, ils ont sans honte accepté de signer une charte électorale qui leur interdit toute critique du bilan politique du pouvoir, ainsi que toute critique des programmes de leurs rivaux ! C’était jouer le rôle de caution démocratique d’un régime qui refusait que surgissent des polémiques et des débats qui auraient permis au mécontentement populaire de s’exprimer.

D’un bout à l’autre du pays, reprenant le refrain autorisé par le pouvoir, les dirigeants des partis ont mené campagne comme si de rien n’était et ont répété que la participation au scrutin et en particulier celle de la jeunesse était un enjeu majeur. Si Cherif Hassani du parti islamiste MSP, la définit comme « essentielle », Louisa Hanoune, du Parti des Travailleurs, en a fait un gage de prospérité et Youcef Aouchiche, du FFS, « une responsabilité nationale et un exercice démocratique important ». Ils ont parlé de démocratie alors que la vie politique est verrouillée, que des cheminots sont en prison pour avoir lutté pour un salaire décent et que la justice s’acharne sur des femmes pour leurs mœurs et leur liberté de ton !

Ces partis dits d’opposition prétendent se distinguer du régime mais, sur le fond, ils reprennent ses discours sur les sacrifices nécessaires pour le bien de la nation. Mais quelle nation défendent-ils ? Est-ce celle des travailleurs à qui on impose des sacrifices ou celle des bourgeois qui s’engraissent en les exploitant et en détournant les richesses du pays ?

Les travailleurs et les classes populaires sont excédés de voir leur salaire et leur retraite bloqués, excédés de ne pouvoir vivre dignement et de voir une fraction de la jeunesse fuir le pays. Ils sont excédés du mépris des patrons et des dignitaires du régime à leur égard.

Alors que la population subit une dégradation insupportable de ses conditions d’existence, cette mascarade électorale a de quoi écœurer. Derrière elle s’abritent les dirigeants de l’armée pour régler leurs affaires et leurs différends, au bénéfice des classes possédantes. Cela ravive le sentiment de mépris ressenti lorsque, en 2019, Bouteflika, malade, muet et impotent, avait été présenté à un cinquième mandat, ce qui avait déclenché le mouvement du Hirak.

Le « dégagisme » exprimé contre tous ces clans politiciens n’avait pas permis de dégager le système. Mais un profond sentiment de rejet anime toujours les travailleurs, qui doit les amener à s’organiser et à se mobiliser pour la défense de leurs propres intérêts.

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